L’Augustin

Il ne vit plus mais son souvenir est resté intact.

« – Tu te souviens de l’Augustin ? ».
« – Si je m’en souviens ! Pardi ! Pas qu’un peu ! ».
« – Il aurait autrefois découvert un trésor sur ces terres, l’Augustin ! ».
« – Penses-tu ! Ce ne sont que des histoires tout ça ! ».

L’Augustin !
Il était toujours sur sa monture.
Il portait toujours un chapeau noir et une grande cape.
Il avait deux sobriquets au pays.
Le sorcier ! C’est son premier surnom !
Le fou ! C’est le second !

C’est comme ça que les gens du coin l’avaient appelés.
Parce qu’il faisait des potions magiques avec les plantes ?
Parce qu’il parcourait sa vallée à cheval pour y faire des trouvailles ?
Parce qu’il avait cette allure d’un Merlin l’enchanteur tout en noir ?
Parce qu’il a trouvé un trésor qui fait des envieux, le vieux ?
Peut-être pour toutes ces raisons !
Allez savoir !

Au contraire des gens d’ici, l’Augustin lui aimer causer.
Il avait gardé un peu de sociabilité et un lien avec les habitants…
Alors qu’ici, son plus proche voisin peut se trouver à des kilomètres de marche à pied.
Ce qui peut expliquer que le cévenol, solitaire et isolé, finisse toujours par parler aux arbres et aux pierres.
Tu sais, il est dur ! Ce pays !
C’est vraiment rude ici !

Ce n’est pas l’Augustin au milieu de ses terres qui aurait dit le contraire.
Mais il semble que l’on s’habitue à tout – ou presque tout – dans ce pays de misère.
Ce coin de montagne est aussi accueillant qu’une porte fermée !
C’est dire !
C’est une île bordée de terre, au milieu d’un rien, où personne ne souhaite vous parler et tout le monde vous défigure.

A cette époque, où je n’étais pas encore né, l’imagination par le souvenir des anciens nous permet de découvrir un peu la scène.

Sur son cheval, l’Augustin guidé par son sens de l’observation, parcours ses terres.
Il avait comme ça – à vu de nez mais pas plus loin – un peu plus de trois hectares à Taujague, près de Cauja.

Lors de ses nombreux périples de sorcier ou de fou, dû à l’incompréhension de l’intelligence active de ses contemporains.
Ce gaillard a été l’inventeur de nombreuses découvertes anciennes.

D’après certains, il aurait mis au jour de nombreux vestiges d’un glorieux passé gallo-romain.
Des éléments archéologiques tels que des tegulae (tuiles plates à rebord d’époque romaine) et des statuettes en terre cuite.
Devenu une légende, l’Augustin aurait peut-être même découvert un trésor enfoui…
Dans ses terres !
Près d’une voie qui daterait de l’Antiquité.

Trouver un trésor, c’est un peu le rêve enfant de tout le monde.
Le trésor de l’Augustin ? Le trésor du sorcier ou d’un fou ?
Quoi qu’il en soit la légende demeure et son souvenir reste intact.

[...] Extrait in collection « Pour parler aux gens à la manière des autres ! ».

Publié dans : Contes & nouvelles | le 8 février, 2014 |Pas de Commentaires »

L’Albert

Dans le village cévenol de Cauja, il n’y a qu’une seule et unique rue.
On ne peut donc pas la manquer !
On ne peut donc pas manquer aussi l’Albert.

Il est assis sur le banc en pierre de la place.
Face à l’église, il prend l’air comme à son habitude.
Il est adossé au mur d’une maison en grès.

C’est l’Albert, l’éternel papet du bourg.
Il a le béret posé – pardon vissé – sur le crâne.
Le bâton de châtaignier qui lui donne l’équilibre quand il doit marcher un peu.

Oh oui !
J’étais enfant à cette époque-là, fin des années 80.
Je passais chaque matin à pied pour me rendre à l’école.
Je passais chaque matin devant l’Albert.
C’était devenu comme une tradition !
Le passage obligé.

Quand je sortais de l’école en fin d’après-midi, c’était toujours la même histoire.
Le même banc en pierre, le même papet assis, la même place d’église.
C’était un moment que j’adorais, sortie d’école, cartable sur les épaules, pour prendre le temps de m’asseoir à ses côtés et discuter avec lui.

Quant au goûter, il attendrait la fin de la conversation !
J’adorais parler avec l’Albert !
Ha ça, c’est bien vrai !

D’habitude à l’heure du goûter je faisais trois pas dans un.
Ce qui me permettais que les deux pas restants puissent me servir à prendre le temps de m’arrêter près de l’Albert.

Il y avait trois cents pas pour aller de l’école jusqu’à chez mes parents.
Ainsi j’en utilisais cent pour avancer et deux cents pour discuter avec le papet.
« – Hé bonjour l’Albert, comment vas aujourd’hui ? »
« – Pardi on fait aller gamin ! Alors l’école ? »

L’école ? J’évitais toujours la question, ce qui m’intéressait dans la conversation, c’était les histoires passées du village, le château, les souterrains sous l’église…
« – Boudi tu sais ninou, quand on a fait les travaux pour agrandir ma maison, on a découvert un trou dans le sol, un souterrain. Il allait dans la direction de l’église ou du château. »
« – Oh génial ! Vous avez pu entrer dedans. Voir comment c’était ? ».
« – Pardi jeune, on a pu jeter un œil mais après on l’a récupérer comme ça vite fait bien fait. Tu sais toutes les maisons ici autour de la place du village sont reliées à l’église et au château par des souterrains. », s’exclame l’Albert.

A cette histoire de sous-sol, mes yeux se mettaient toujours à scintiller.
Mon cerveau lui d’y penser, d’imaginer comment cela pouvait être là-bas dedans.
« – C’était comment l’Albert ? Qu’est-il devenu ton souterrain ? »
« – Boudi, il y a bien longtemps maintenant qu’on l’a bouché ! », me précise le papet en ajoutant « Il y avait un grand trou avec des escaliers taillés dans le rocher en grès et puis après c’était éboulé. ».
« – Je peux le voir l’Albert ? ».
« – Heu ce n’est plus possible. On s’est servi du trou pour en faire une fosse septique pour les toilettes ! » répondit-t-il.
C’est dire !

Chez nous, la tradition des anciens voulait qu’un trou soit toujours bouché.
La peur ! Oui, on disait que le Diable pouvait en sortir !

[...] Extrait in collection « Pour parler aux gens à la manière des autres ! ».

Publié dans : Contes & nouvelles | le 8 février, 2014 |Pas de Commentaires »

La graine

La graine c’est un peu comme un grain de blé.
Elle permet à l’humanité de survivre.
Elle permet ce qui a de plus naturel.
C’est grâce à elle que nous existons !

Dans l’ombre, certains s’attèlent avec ferveur à les interdire.
On ne pourra plus ni récupérer, ni planter, une graine.
Vous vous rendez compte ?

Ce grain de blé si précieux retiré de nos mains sous le prétexte qu’il faudrait protéger les grandes entreprises, les multinationales ?
C’est incohérent !
C’est du délire !

C’est comme perdre un enfant si je devais prendre une comparaison.
Parce qu’elle est aussi – et surtout – pour nos enfants, cette graine !

Si celui qui nous éclaire ce monde venait nous voir…
Il pleurerait face au devenir actuel de l’espèce humaine.
C’est vrai !
Un terrible chagrin.

A suivre [...] in « Pour parler aux gens à la manière des autres ! Premières nouvelles ».

Publié dans : Contes & nouvelles | le 4 février, 2014 |Pas de Commentaires »

Une papillote

On va commencer comme ça !
Oui ! C’est juste une simple papillote

Elle est enveloppée dans du rouge.
Vous savez ces feuilles où sont écrites des blagues ou des citations.
Oui ! C’est vrai ! Ça fait toujours plaisir de lire une bonne blague.

Ce n’est rien qu’un papier de papillote.
Il y a même un pétard à l’intérieur.

Seulement, la main qui me la tend ne m’est pas indifférente.
C’est la tienne !

Pourtant c’est presque rien !
Après je te parlerais d’une histoire classique autant que je m’en souviens encore un peu.
«
- Tu te souviens, de la papillote ?
- Non ! Enfin… oui !
- Tu t’en rappelles ?
- Un peu…
- Qu’est-ce qu’elle est devenue ? »

Si je me souviens de la papillote ?
Si je m’en rappelle ?
Pas qu’un peu !

A suivre [...] in « Pour parler aux gens à la manière des autres ! Premières nouvelles ».

Publié dans : Contes & nouvelles | le 4 février, 2014 |Pas de Commentaires »

La boîte à Marie

Son prénom ?
Elle s’appelle Marie.
- C’est vrai !
- Qui n’a jamais connu une Marie dans sa vie ?

Son métier ?
Elle est aide soignante !
- Et après ?
- Après ! Elle est faite pour ça ! Aimer et aider les gens.

Beaucoup d’observations parce que beaucoup d’obligations.
C’est un métier passionnant, mais aussi très éprouvant!
Elle ne s’attache pas pour mieux se protéger.

Elle accomplie à chaque instant un travail aussi prenant que celui d’une maman.
C’est son sourire en éclats de rire qui donne la force de guérir aux patients.

Sa maison de retraite ?
C’est à partir de là ! Que ça se corse !

A suivre [...] in « Pour parler aux gens à la manière des autres ! Premières nouvelles ».

Publié dans : Contes & nouvelles | le 4 février, 2014 |Pas de Commentaires »

Contact

Pour toute demande ou renseignement :

Frédéric Dussaud
Les Champs 30450 AUJAC
Email : dussaud.frederic@hotmail.fr
Site web : dussaud.frederic.unblog.fr

Publié dans : Contact | le 4 février, 2014 |Pas de Commentaires »

La jeune femme en train

Tout le monde la fixe.
Elle attire toutes les attentions.
Au point qu’autour, il n’y a plus rien d’autre à regarder.

Ce n’est rien qu’une jeune femme dans un train.

Pourtant, elle n’est pas agitée.
Elle est très jolie sur sa banquette.
Elle a toujours été… Comment dire ? Magnifique.
Elle est de ces femmes qui attirent la curiosité ou le désir.

Elle est dans ce train comme un reflet figé dans un miroir.
Sans un geste, sans un mot, elle n’ajoute rien de plus qui puisse autant attrouper les regards.

A suivre [...] in « Pour parler aux gens à la manière des autres ! Premières nouvelles ».

Publié dans : Contes & nouvelles | le 4 février, 2014 |Pas de Commentaires »

La Celestine et sa chèvre

Elle n’est pas très grande.
Elle n’est pas très vieille non plus.
C’est un bout de femme, un foulard sur la tête, le vieux panier en châtaignier.
Abîmés, les traits de son visage laissent découvrir une petite – presque – mamé cévenole.

Sa maison – Pardon ses maisons – parce qu’ici, à elle seule, c’est dire !
Elle possède la moitié d’un hameau.
Enfin seule… ? Avec sa chèvre !

Enfin bon !
Enfin bon !
C’est comme ça qu’elle faisait !
Enfin bon ! On verra bien !

Tout cet héritage avait fait son malheur.
C’est dire son inquiétude pour une femme si menue à soutenir autant de toits !
Là, tu les comptes par dizaines !
En lauzes, tout en pierre ! Tu te rends comptes ?
Ce sont des milliers de tonnes de cailloux !
Pour La Celestine, ça fait beaucoup !
Ici, toutes les maisons sont en pierres.

A suivre [...] in « Pour parler aux gens à la manière des autres ! Premières nouvelles ».

Publié dans : Contes & nouvelles | le 4 février, 2014 |Pas de Commentaires »

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